Canne et escrime artistique

Stage lames sur seine escrime artistique et canne de combat
 

Propos

J’ai été invité les 13 et 14 février 2016 au stage annuel des Lames sur Seine. Il s’agit d’un stage d’escrime artistique ouvert à tous les pratiquants et pratiquantes intéressé(e)s de toute la France. J’avais déjà mené des interventions l’an dernier et l’année précédente en présentant une approche historique de la canne de combat, en la remettant dans un contexte de 19e siècle parisien où les agressions d’apaches (les voyous de l’époque) ne manquaient pas. Je leur ai donc parlé bien évidemment de canne avec une composante auto-défense importante (comme on pouvait en trouver dans les traités d’Emile André ou de Jean-Joseph Renaud par exemple), mais également quelques notions de savate, de couteau ou les fameuses actions telles que le coup du Père François.

 

Cette fois-ci, Michel Olivier (Président des Lames) m’avait demandé d’orienter mes modules vers l’approche sportive de la canne de combat. J’ai donc réfléchi à ce que pouvait apporter la canne de combat et ai abouti au programme ci-dessous.

 

Programme

Le premier module (1h30) a consisté à résoudre la principale difficulté de l’opposition quand on n’a jamais fait que de la chorégraphie : travail de fluidité, gestion de la distance, enchaînement, terminer les attaques (ne pas s’arrêter à chaque fois 40cm devant la cible), le tout saupoudré d’un brin de dextérité en jouant avec l’arme (manipulations ou « tricks »), ce qu’on effectue bien plus aisément (et de manière plus sure) avec une canne qu’avec une rapière.

J’ai consacré un autre module (2h) aux réflexions que nous avons eues suite aux diverses conventions auxquelles nous avons pu participer (Salon Fantastique, Geekopolis) sur une approche du spectacle non chorégraphié :

 

  • des micro-chorégraphies avec signal pour les déclencher : il arrive qu’on ait envie de placer une action ultra-stylée (une esquive-riposte en volte-sautée + croisé haut par exemple) mais que l’occasion de la placer n’arrive pas. Nous avons donc travaillé à les automatiser pour que ces actions puissent sortir naturellement pendant le combat. Bien évidemment, pour ne pas qu’elle sorte n’importe quand, il est important d’avoir un signal spécifique qui le déclenche. Nous suggérons donc d’utiliser un mouvement peu commun (croisé bas, feinte de brisé-brisé, volte+enlevé) comme déclencheur de l’action. Il est nécessaire de répéter un minimum avec son partenaire pour rendre fluide la réaction à ce signal, mais le résultat est souvent assez probant.
  • les phases pour raconter une histoire : l’idée consiste à scénariser le match en le décomposant en 2 ou 3 phases bien distinctes. Par exemple : une première phase d’esquives/ripostes, une deuxième où l’un attaque et l’autre pare tout et une troisième où l’un attaque et l’autre contre-attaque. Cela permet, dans une démonstration d’une minute à une minute trente, de « scénariser » le combat de façon à ce que le public ait l’impression qu’on lui raconte une histoire (l’apache agresse le bourgeois qui ne fait d’abord que se défendre, puis il reprend la main face à un apache qui esquive tous ses coups)
  • jouer les touches en faisant semblant d’avoir mal juste après l’impact et les lâchers de canne. Ce dernier point est assez crucial car il arrive régulièrement en canne que l’on lâche son arme. Il faut alors improviser quelque chose et faire comme si c’était totalement voulu. Ce que nous préconisons alors est une phase d’attaques particulièrement visibles de par celui qui possède encore son arme, et des esquives en direction de l’arme pour celui qui n’en a plus. Si en plus la récupération peut s’effectuer manière « stylée » (roulade, roue), il ne faut pas se priver.
  • mettre en avant les éléments spectaculaires de la canne tels que l’amplitude, les changements de main, les voltes. Si chacun de ses points peut exister en escrime artistique, ils sont en général minorés en comparaison de ce que nous utilisons en canne de combat : la gestuelle implique la plupart du temps le coude ou le poignet (principalement en raison du poids de la rapière) là où la canne a tendance à utiliser l’épaule. Les changements de main se limitent à des passages d’une main à l’autre mais ne vont pas comme en canne jusqu’à des changements dans le dos, en faisant tournoyer l’arme ou en la laissant glisser sur l’épaule. Enfin les voltes se pratiquent souvent par le biais d’esquives et pas forcément comme élément visuel (ou tactique en canne sportive).

 

Enfin un module assez court (une trentaine de minutes) sur la double canne à base d’exercices classiques que j’ai l’habitude d’aborder (manipulations des cannes de manière non symétriques, coordination en rythme à 2, trois grandes stratégies en double canne : attaque totale, parade totale, contre-attaque+parade) afin de développer essentiellement les facultés psychomotrices tout en jouant avec son adversaire.

 

Retours

Après chaque module, j’ai demandé aux stagiaires ce qui leur avait plu ou moins plu, ce que chaque approche a pu leur apporter dans leur pratique de l’escrime artistique. Les principales qualités mises en avant sont l’agilité, la fluidité, la coordination (pour la double canne), et le plaisir de pouvoir effectuer une rélle opposition en toute sécurité.

 

Le module de double canne, à la fois parce qu’il est arrivé à la fin du stage alors que tout le monde commençait à accuser une fatigue bien normale, mais également parce que le travail cognitif est particulièrement important, a été considéré comme de loin le plus difficile.

 

Mais dans l’ensemble les stagiaires étaient tous très satisfaits de cette intervention qui sortait des sentiers battus, tout en leur proposant une activité proche de la leur avec des armes qu’ils connaissaient (il n’est pas rare d’utiliser des cannes en escrime artistique lorsqu’on débute ou pour travailler un enchaînement avant d’utiliser la rapière).

 

Vidéos


 

 

 

Geekopolis 2015

Geekopolis 2015

Geekopolis 2015 - la canne de combat dans la Cité des Geeks, avec Apaches de Paname et Canne et Dragons

 

Geekopolis se décrit comme un salon des cultures de l’Imaginaire. Il accueille depuis maintenant 3 ans plus de 10000 personnes chaque année dans les couloirs de ses 5 univers : Avalon (Medieval-Fantastique), Nautilus (Steampunk), Metropolis (Science-Fiction), Little Tokyo (Mangas) et Teklab (Hi-tech). L’année dernière, nous y avons été invités par la Steam Rocket mais cette année, nous y étions en tant qu’intervenants à part entière dans l’enclave Steampunk, mais néanmoins en bonne compagnie puisque nos amis de French Steampunk étaient présents ainsi que l’Amiral Skye de l’Echo Vaporiste.

 

Pour l’occasion, les 10 démonstrateurs des Apaches de Paname et de Canne & Dragons (Amélie, Laura, Julien, Thibault, William, Philippe, Kévin, Maxime, Zippo et moi-même) avions préparé des démonstrations de canne de combat, canne de défense, double canne, bâton et canne chausson pour en mettre le plus possible plein la vue des spectateurs. Nous avons donc organisé des séances d’entraînements spécifiques (manipulation, répétitions par duos dans l’arme choisie, intégration des lâchers de canne/bâton intempestifs…) afin de préparer au mieux toute l’équipe.

 

L’autre partie importante résidait dans les costumes. Notre fournisseur officieux reste depuis quelques années Kilo-Shop dont les rayons de fripes alimentent régulièrement nos garde-robes, qui en gilets, qui en casquettes, qui en pantalons droits pour des coûts relativement modiques. Peut-être un jour leur demanderons-nous d’officialiser ce partenariat.

 

Et une fois les costumes sur le dos et les répétitions dans les pattes, il n’a plus resté qu’à mettre tout ça ensemble en musique sous les yeux des spectateurs de l’Arène Moriarty.

 

 

Et côté interventions, nous avons été gâtés puisque nous avons été programmés deux fois une heure le samedi et la même chose le dimanche, ce qui nous a permis de découper chaque intervention en 2 démonstrations de 10 minutes, chacune suivie de 20 minutes d’initiations, soit au total 8 démos et 8 initiations de 6 personnes à chaque fois, de quoi bien occuper et bien fatiguer nos démonstrateurs.

 

L’expérience a une nouvelle fois été très sympathique puisque cela permet, comme je l’ai décrit dans un précédent article, à des non-compétiteurs de fixer des objectifs à leur pratique, constituant ainsi une autre voie que la compétition. Très bonne ambiance également dans le festival, mais cela était déjà le cas l’année passée, en revanche beaucoup de personnes intéressées avec qui nous avons pu discuter, échanger, refaire le monde, imaginer des nouvelles vidéos ou des nouveaux costumes.

 

Vous connaissez mon intérêt particulier pour les tableaux, en voici un qui résume les points positifs et négatifs/à améliorer de notre organisation pour ce festival, en espérant que cela puisse contribuer à vous donner des idées pour les vôtres, ou que cela permette d’échanger les expériences de démonstrateurs.

Les PLUS Les MOINS
  • Nombreux contacts, pour des costumes, des vidéos, des photos…
  • Prospectus bien accueillis, nous en avons même manqué (plus de 200 distribués) !
  • Reconnus dans les allées de Geekopolis, notre renommée est faite !
  • Combats avec masques appréciés : de la canne de combat, avec un arbitre qui intervient 2-3 fois pendant la reprise et des protections, ce que nous savons faire le mieux en somme.
  • Arène bien placée : en face du bar, juste à côté d’une zone de repos avec fauteuils et canapés, l’idéal
  • Musique : ça attire l’attention, ça dynamise, c’est essentiel. Le mieux est même d’avoir effectué quelques filages avec auparavant pour fluidifier les transitions et éviter les temps morts.
  • Initiations au micro (bien audibles) : quasi-obligatoire dans un salon avec autant de monde, sinon c’est perte de voix assurée au bout de la 2e minute.
  • Les lancers, comme par exemple le lancer de bâton que nous avons pu faire, rendent bien.
  • Occuper l’arène 10’ avant la démo : ça focalise le public et ça lui permet de savoir qu’il va se passer quelque chose. Meubler avec des manipulations ou des petits échanges tranquilles.
  • Finir avec un assaut de canne de combat, notre discipline, après avoir agencé un crescendo de pratiques de plus en plus dynamiques : canne – canne chausson – double canne – bâton rapide – canne de combat.
  • Il faudrait pouvoir annoncer la démo quelques minutes avant qu’elle ait lieu (en passant dans les allées par exemple) et annoncer les différentes parties de la démo, que le public sache ce qu’il regarde : canne de combat, bâton, double canne…
  • Pour l’organisation pré-démo, il faut un responsable par poste (musique, costumes) pour éviter les incertitudes.
  • Rendre les transitions plus percutantes. Il faut aussi exactement savoir : qui sort, qui entre, et avec quelle arme.
  • Plus de prospectus !
  • Pas assez de jeu de scène : jouer un personnage, avoir quelques répliques. Il faudrait travailler l’argot pour les apaches.
  • Intégrer dans les échanges 2 ou 3 séquences chorégraphiées destinées à impressionner (encore plus) le public.
  • Se caler davantage sur la musique (notamment quand des percussions très audibles font monter la pression du combat).
  • Demander un stand la prochaine fois, pour pouvoir y disposer des prospectus,
  • Astuces costumes (merci Ophélie): pour les « rupins », utiliser des couleurs de riches (ivoire, or) et pour les pauvres, des couleurs plus sales (gris, marron). Et trouver des codes couleurs qui permettent d’identifier instantanément le camp de chaque personnage. Penser au couteau pour chaque apache.

 

Enfin nous ne terminerons pas cet article sans vous donner le lien vers notre galerie de photos Flickr (merci au passage à William D. pour les photos) :

Accès à la Galerie GEEKOPOLIS 2015

Stage des Lames sur Seine

Stage des Lames sur Seine

J’ai été invité ce week-end au stage annuel des Lames sur Seine pour animer des modules « canne » dans une optique historico-théâtrale. Etaient également présent Me Olivier Patrouix-Gracia pour l’escrime médiévale et bien entendu Me Michel Olivier, à la fois grand organisateur et intervenant sur le thème du combat à la rapière.

Ce fut un plaisir d’encadrer tous ces stagiaires passionnés qui ne demandent qu’à découvrir des nouveautés auxquelles donner vie dans des duels pleins de rebondissements. Merci à tous pour votre implication !

MODULE 1 : Cours collectif de canne

  • Présentation de l’arme, sans rentrer dans le détail des armés mais en demandant des trajectoires circulaires ou semi-circulaires et surtout de travailler en amplitude
  • par 2, attaques circulaires à tdr
  • idem, 3 attaques chacun
  • idem, enchaînement et reprise de main
  • idem, en changeant de main à chaque fois
  • idem, avec 1 manipulation avant de changer le rôle
  • idem, esquives
  • idem, esquives à tour de rôle (« canne-poeira »)
  • assauts libres (mais néanmoins contrôlés) en incluant TOUT

MODULE 2 : méthodes de combat « apaches »

  • le couteau/surin/eustache/22, arme des apaches par excellence. Couper et être couper, petits gestes, le sentiment désagréable de ne rien pouvoir faire à courte distance
  • tenir le couteau à distance avec une canne : repousser un adversaire, frapper les cibles avancées,
  • les coups foireux (lames dans la casquette à la « Peaky Blinders« , bracelets cloutés à la Jean-Jacques Liabeuf)
  • arrêt sur le fameux « coup du père François« , la mise en pratique (avec modération) et les défensives que propose Emile André
  • armes plus lourdes (batte, barre de fer), éviter leurs assauts dévastateurs et riposter avec une arme légère : la canne
  • 30 minutes de préparation d’une chorégraphie (le coup du Père François a suscité un engouement particulier =)

MODULE 3 : Pieds, poings et canne

  • approche poings : directs, crochets, uppercuts, coup de poing marteau et défensives (merci à Bruno et Jean-Luc pour leurs précisions)
  • approche pieds : chassés, fouettés, revers et le fameux coup de pied bas, bien entendu avec leurs défensives
  • petit mélange pour s’amuser : l’un combat avec les poings, l’autre avec les pieds, et le tout avec légereté, pour éviter tout accident
  • 3e distance : la canne, comment tout mixer et se repositionner à distance pour chaque arme pour obtenir un combat « réaliste »

MODULE 4 : combat de gentilhommes, duels de canne

  • armés amples, lents mais puissants
  • armés courts, légers mais rapides
  • mélange des deux, comment casser la distance ou reprendre la main
  • clés, désarmements, comment broyer les articulations ou rendre un agresseur plus coopératif
Bonne année 2015 !

Bonne année 2015 !

Retrospective 2014

Toute l’équipe des Apaches de Paname vous souhaite une très bonne année 2015, pleine de résultats, de diplômes et de dépassements personnels !

On s’en souvient comme si c’était hier, 2014 a été bien remplie, mais comme une rétrospective ne fait de mal à personne, voici les grands événements qui ont jalonné cette année chez les Apaches :

  1. premier événement, qui va d’ailleurs nous re-concerner très bientôt, c’est la co-organisation, avec Canne & Dragons, de la rencontre Internationale par équipe des Titis Parisiens les 18 et 19 janvier. 65 tireurs engagés dans 19 équipes, cette édition a été une vraie réussite du point de vue sportif et nous espérons faire aussi bien cette année. Sans trahir aucun secret, nous attendons déjà pour cette édition plus de 25 tireurs étrangers.
  2. organisation et participation à la fois pour ce deuxième événement : le Championnat IDF et qualifs régionales pour le Championnat de France. L’accueil était un peu plus austère qu’à Lamorlaye l’année précédente (c’est nous qui nous en occupions ^^), mais le nombre de participants était en hausse. Cette année, nous allons tâcher de battre encore le record de participation.
  3. les 15 et 16 mars, il n’était plus question d’organisation mais uniquement de participation au Championnat de France, où Sélénia a brillamment décroché la première place chez les femmes, pendant qu’Hellion et Camillo goûtaient à leur première véritable compétition en individuels. Autant dire qu’ils reviendront plus forts, mieux préparés et plus nombreux cette année.
  4. le 9 avril, le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) de Paris a remis à Sélénia le titre de la meilleure sportive Parisienne 2014, au vu de ses performances en compétition, mais également pour son investissement dans la promotion et le développement de la discipline. Nous savons tous qu’en canne de combat, les champions doivent avoir cette humilité de mettre la main à la pâte pour que leur titre possède une valeur.
  5. A propos de titre, c’est une nouvelle première place que Sélénia a atteinte aux Internationaux de Viroflay en battant la redoutable et slovène Jerca Primc en finale les 17 et 18 mai.
  6. En parallèle des Internationaux avait lieu une grande première : notre participation au Salon Geekopolis qui a inauguré grâce à la Steam Rocket notre premier pas dans la culture Steampunk. Il est très vraisemblable que nous y soyons aussi en 2015 !
  7. le 21 septembre à Budapest : Sélénia remporte pour la deuxième fois un titre de Championne du monde de canne de combat. Le niveau féminin s’était relevé depuis la dernière fois, mais la technique irréprochable et une tactique affinée ont fait la différence. Les phases finales étaient d’ailleurs de toute beauté.
  8. pendant que Sélénia conquérait Budapest, Zippo menait son équipe au Famillathlon pour promouvoir la canne sur le Champ de Mars malgré une pluie battante. Une détermination remarquable !
  9. deuxième gros événement promotionnel dans un contexte hors sportif : le Salon Fantastique du 31 octobre au 2 nov. Des costumes, de la démonstration dans tous les sens pendant trois jours, des initiations avec toujours plus de pratiquants, un véritable succès et un plaisir tel que les démonstrateurs, pourtant fatigués, ne tarissaient plus de louanges quant à cet événement et à ceux qui nous y ont conduit, à savoir French Steampunk.
  10. enfin très récemment, nous avons eu la chance, grâce à Vincent Parisi, d’initier Anouchka Delon à la canne de combat et de passer en direct à la télévision. L’expérience était sympathique, et toute l’équipe de BeIN Sports encore plus.

Bref 2014 a été bien remplie, 2015 s’annonce au moins aussi chargée, nous allons oeuvrer pour que tous ces événements se transforment en succès. Bonne année à toutes et à tous.

Ce qui s’est vraiment passé au Salon Fantastique

Ce qui s’est vraiment passé au Salon Fantastique

Salut collectif de canne de combat lors du Salon Fantastique 2014

Un vendredi de Lateral’s Creed :

Après une semaine d’entraînement, j’ai rejoint mes acolytes à la Porte. Breucker, d’Avigny et Vasse scrutaient déjà les pavés glauques qui s’étendaient au-delà. Quand les premiers cris résonnèrent, nous étions prêts à passer à l’action.
Vasse attaqua le premier qui lui passa sous le pommeau, un certain “Hugues-l’embrouille” qu’il mit rapidement hors combat grâce à quelques techniques rapides de son cru. Il n’avait pas vu venir “Laura-la-rochelaise” qui tenta de l’assommer à coups de bâton mais que Breucker mit heureusement en déroute. Pour passer le temps en attendant la vague suivante, Breucker et moi-même échangeâmes quelques techniques, puis d’Avigny prit la place de Breucker et nous testâmes quelques coups de cannes et de pieds que nous avions observé chez les voyous des ruelles que nous pourchassons régulièrement.

C’est précisément ce moment que choisit “Kévin-le-surineur” pour revenir avec ses sbires. Il réussit à occire d’Avigny et à nous encercler. Alors que nous nous apprêtions à livrer notre dernier combat, il se mit à rire et, de son argot des bas-fonds, nous enjoint à quitter leur territoire sur-le-champ. Emportant le corps inerte de notre camarade, nous partîmes en supportant leur mépris.

Mais nous reviendrons, mieux préparés. Et nous chasserons ces canailles de notre belle cité.

Apaches de Paname, Canne & Dragons et Schola Martis au Salon Fantastique, octobre 2014 Apaches de Paname, Canne & Dragons et Schola Martis au Salon Fantastique, octobre 2014 Apaches de Paname, Canne & Dragons et Schola Martis au Salon Fantastique, octobre 2014

Après cette démo pleine de rebondissements, Julien le voyageur du futur a animé une initiation aux quatre premiers curieux qui avaient assisté avec enthousiasme à notre prestation. A la fin de celle-ci, les initiés ont pu affronter les démonstrateurs dans un combat acharné.

Suite à cela, nous avons proposé une nouvelle démonstration (en prenant soin cette fois-ci de faire une annonce au micro général).

Celle-ci terminée, ce sont cette fois 8 personnes qui se sont présentés pour l’initiation, avec Maël cette fois.

Et puis ensuite, le Salon fermant ses portes aux quelques rares curieux qui restaient encore, nous mîmes les voiles, forts de cet avant-goût de ce que serait ce week-end.

~Xavier

Le week-end selon une Steam Apache :

Après une journée d’introduction aussi pleine de succès au salon fantastique, nous nous sommes retrouvés le samedi, en début d’après midi : Xavier, Julien, Aurélien/Zippo, Maël, Kévin, Laura, William, Amélie, Céline, Philippe, Loic/Hellion et Samuel un ami de Maël venu nous soutenir et surtout filmer nos prouesses !

Un rapide passage au stand de nos hôtes à ce salon, French Steampunk, et nous nous sommes réunis à l’entrée de l’Espace Champerret, à l’extérieur, sous un grand soleil. Deux heures d’initiations étaient prévues, mais nous avons décidé de commencer par quelques démonstrations histoire d’attirer le chaland. Stratagème qui a pour le moins réussi, puisque le public a commencé à nous observer dès nos « répétitions ». Ils ont ainsi pu voir s’affronter une bande de terribles apaches composés de Kévin, Laura, Céline et Loic/Hellion, et un groupe de pédants, euh pardon, de splendides aristocrates qui n’était autre que Xavier, Philippe, Maël et Aurélien/Zippo. Chaque groupe voulant rejoindre l’autre coté de la cour, l’affrontement a été inévitable, et une provocation de Loic/Hellion sur le distingué Maël a déclenché le combat ! Le désarmement lâche de Loic/Hellion n’est pas resté sans réponse, et ses copains, brutes prolétaires, n’ont pas hésité à défendre leur honneur de canaille. Laura a ainsi défié Maël au bâton, Maël qui après avoir désarmé Laura, été remplacé dans l’arène par Philippe à la canne contre Laura que ses copains avaient réarmée. Après quoi Céline n’a pas laissé Philippe sur sa victoire, et l’a affronté à la canne. Ce duel gagné, Kévin et elle n’ont pas hésité à se battre pour le plaisir, une canne à la main, et coup de pied en traître pour ces voyous ! Mais leur trop grande confiance aura eu raison d’eux, puisqu’avec un combat de double canne, c’est Aurélien/Zippo qui sauva ce qu’il restait de l’honneur des gentilshommes en désarmant magistralement Kévin !

Apaches de Paname, Canne & Dragons et Schola Martis au Salon Fantastique, Octobre 2014 Apaches de Paname, Canne & Dragons et Schola Martis au Salon Fantastique, Octobre 2014

La foule en délire n’a plus eu d’autre choix que de céder à la tentation d’apprendre à se battre comme ces fiers apaches et autres caves; les badauds encore récalcitrants attirés par le décolleté, euh non, par les encouragements et la distribution de cannes d’Amélie !

Sous la férule de Xavier, Julien et Aurélien/Zippo, des dizaines (si si des dizaines) d’intéressés sont venus répéter position de garde, latéraux, brisés, croisés têtes, manipulations, saluts, voltes, parades et autres gestuels classiques de la canne de combat, et même de petits échanges. Étant donné notre nombre, nous avons pu circuler entre les groupes, ce qui était apprécié, tout en faisant attention à ce que les passants ne circulent pas trop près de ces cannistes d’un jour (ou de plus on espère !). Nous avons ainsi fait 2 séances d’initiation d’environ 20 minutes à la fin desquelles les nouveaux initiés pouvaient repartir avec leur canne gravée au nom des apaches, un joli prospectus avec toutes les informations importantes et un souvenir impérissable !

Apaches de Paname, Canne & Dragons, Schola Martis au Salon Fantastique - Octobre 2014 Apaches de Paname, Canne & Dragons, Schola Martis au Salon Fantastique - Octobre 2014

Ensuite, nous avons à nouveau fait une démonstration de nos talents, et à nouveaux de nombreuses initiations ont été faites, une première de canne de défense par Maël qui leur a appris quelques mouvements de bases et des clés de désarmements, puis une ultime initiation de canne de combat menée par Xavier et Zippo sur deux groupes différents étant donné le nombre de demandes. On a pu compter entre 70 et 90 initiations pour ce joyeux jour !

Après cette éprouvante session, nous avons « rapidement », ranger nos affaires et nous sommes regroupés pour organiser la suite : un quizz organisé par French Steampunk entrecoupé de démonstrations de canne sur fond musical :
De la canne de défense, avec Mael et Hellion/Loïc, de la cannepoeira entre filles, un combat de double canne chausson (Julien & Zippo/Aurelien), de la canne simple, du bâton (Julien / Philippe), un superbe combat de canne chap-hop entre Xavier et Philippe, et l’attaque injustifiée de Maël par les quatre apaches, mais le maître de défense a su les remettre à leur place !

Apaches de Paname, Canne & Dragons, Schola Martis au Salon Fantastique - Octobre 2014 Apaches de Paname, Canne & Dragons, Schola Martis au Salon Fantastique - Octobre 2014 Apaches de Paname, Canne & Dragons, Schola Martis au Salon Fantastique - Octobre 2014

Une photo de groupe au stand de French Steampunk pour finir la journée et rendez-vous le lendemain. (© Alexandre Ls)

Apaches de Paname, Canne & Dragons, Schola Martis au Salon Fantastique - Octobre 2014

Le dimanche, bien que moins ensoleillé et avec moins de participants a quand même été un succès pour nous, puisque nous avons réinvesti l’espace extérieur, et renouvelé les phases de démonstrations et d’initiations. Avec des plus petits groupes (une dizaine de personnes à chaque fois), ce qui nous a finalement semblé un nombre équilibré. Au total, nous avons effectué encore 4 séances d’initiations.
Et finalement, un sympathique debriefing autour d’un verre pour finir ce week-end, Steam Apaches et Lateral’s Creed mélangés !

BILAN :

Coté points positifs, les initiations ont été un succès, et au moins deux participants sont venus aux entraînements la semaine dernière. Deux facteurs semblent avoir joué: la distribution de canne à la fin de l’initiation, elles ont été appréciées, on a vu plein de cannes se balader dans le salon dès le samedi matin, ce qui signifie que les gens les ont ramenées le deuxième jour ! Donc, malgré le coût de cette distribution ça a été une vraie publicité sur le salon, et on espère que le fait d’avoir un objet « encombrant » chez soi va inciter les participants à en parler et à y penser. D’autre part, le fait d’alterner entre démonstrations, même relativement peu préparées, et initiations a probablement permis d’attirer les gens. Par exemple, le dimanche après midi, nous n’avons pas respecté d’ordre particulier, mais nous avons fonctionné sur le modèle de la capoeira, par « défi » dans une roda, si bien que nous avons pu nous faire plaisir en nous affrontant de façon ludique et montrer différentes pratiques au public. La meilleure configuration serait donc d’alterner des phase de démonstration si il y a peu de public, et de faire une initiation dès qu’il y a un nombre suffisant de personnes demandeuses.

L’affluence du samedi était vraiment plaisante, mais a généré un problème de nombres de participants aux initiations. L’expérience sur les trois jours nous a montré que des groupes d’une dizaine de personnes était l’idéal pour travailler, quitte à former plusieurs groupes de 10, si nous sommes suffisamment nombreux et si la place le permet. Les gens sont plus proches, ce qui évite de crier et permet d’avoir une meilleur attention sur chacun. Malgré tout, le fait que nous soyons relativement nombreux samedi a permis de compenser la situation en circulant entre les participants pour leur donner des conseils directement, ce qui semble avoir été apprécié.

Concernant les démonstrations, ont été particulièrement appréciés ce qui était « dynamique », par exemple, la double canne ou la canne chausson. A l’inverse, la canne-poeira pratiquée par des filles n’est peut être pas une bonne idée, car ça a pu donné l’impression que « les filles, ça tape pas »… La battle de canne chap-hop a eu du succès, de par l’esthétique bien sur, mais aussi parce que c’était « joué » et parce qu’on voyait le plaisir manifeste de Xavier et Philippe, et qu’ils ne se prennent pas au sérieux (malgré les prouesses réalisées). Durant la démonstration de samedi soir, le public (enfin, deux personnes du public) auraient aimé voir un combat plus classique de canne, peut être en tenue, ou avec un arbitre… Une autre recommandation est de faire attention à l’axe dans le quel on combat, afin de ne pas être dos au public.

Après cette expérience, il apparaît que l’entraînement aux démonstrations en cours est une voie à explorer, d’une part cela nous permettrait d’être prêt pour une démonstration de dernière minute sans trop de stress sur qui/quand/comment/quoi, et d’autre part, c’est une autre façon de pratiquer la canne qui peut être intéressante en soit (comment avoir un échange qui ressemble à un combat, rester face au public, apprendre à réagir à un lâcher de canne…).

Autre point plus aléatoire, cette fois ci nous avons eu la grande chance qu’il fasse beau les 3 jours du salon, et d’avoir de l’espace utilisable juste devant l’entrée, car les espaces prévu n’auraient pas du tout été adaptés. Même si c’est très difficile à prévoir, il est important de signaler expressément aux organisateurs que nous avons besoin de beaucoup d’espace, pour que ce soit agréable, efficace et non dangereux. A ce propos, étant dans un lieu de passage, nous avons dû être très vigilants à ce que les gens ne passent pas trop près des cannes en action. Apporter des plots visibles pour marquer une zone serait une bonne solution pour faciliter ce travail.

Dernier point soulevé : une question récurrente a été : « c’est où les cours? », il serait donc bien de noter les lieux des cours sur les prospectus.

Dans l’ensemble, ce fut un excellent we de canne ! FSP était ravi de notre participation et nous a même félicité pour nos costumes. Il semble que les initiations commencent déjà à porter leur fruits avec de nouveaux participants, et les cannistes sont repartis fourbus mais heureux !

~Céline

Plus de photos ? Pas de problème, parcourez donc :

notre galerie Flickr de l’événement

Sauf précision, toutes les photos ont été prises par William D que nous remercions particulièrement pour la qualité de son travail !

La canne chap-hop : quoi qu’est-ce ?

La canne chap-hop : quoi qu’est-ce ?

Canne chap-hop, ou battle de manipulations de canne de combat

La quoi ?

La canne chap-hop n’est pas une nouvelle sous-discipline officielle, non. C’est une pratique encore extrêmement cryptique puisqu’à ce jour une seule tentative de cette pratique a eu lieu AU MONDE, et c’était lors d’une démonstration de canne de combat au Salon Fantastique. Cette partie de la démo avait été à peine conceptualisée, j’avais réussi à convaincre Philippe quelques semaines auparavant de la faire avec moi et nous n’avons eu aucune occasion de la répéter. Nous ne connaissions pas le morceau sur lequel nous allions passer et nous ne savions même pas combien de temps cela allait durer. Bref, une démo à peu près normale.

Nous n’en savions pas plus lorsqu’est arrivé notre tour, nous sommes simplement rentrés, nous avons tâché de prendre rapidement le rythme du morceau du groupe Rétropolitain qui passait alors, et nous nous sommes lancés dans une battle de tricks (combat de manipulations, NDT) acharnée. Nous nous sommes bien amusés, et le public a apprécié.

Mais d’où vient-ce ?

Le terme « chap-hop » est emprunté à l’excellent Mr B, the gentleman Rhymer. Ou tout du moins c’est lui que j’ai entendu le premier prononcer ce terme. D’après wikipédia, il n’en est que l’un des contributeurs, avec le non moins excellent Professor Elemental.


Ces gentlemen manient le style hip-hop avec la nonchalance et la retenue des dandys britanniques. Dans leurs productions se mêlent flow saccadé et tasse de thé, scratching et tweed. Et voir Mr B et ses fameuses moustaches exécuter des pas de break dance en costume, ça m’a impressionné.

Cela nous mène implicitement à la deuxième inspiration : les battles de break dance au cours desquelles deux danseurs ou deux équipes s’affrontent sur une musique rythmée à coups de pas de danse et de figures enchaînées sur le rythme de la musique.

Ces « battles » nous conduisent finement à la 3e et dernière inspiration, car il s’agit de Slyde Lomalakane, que nous avions eu la chance de rencontrer il y a quelques années lorsque nous étions encore dans les locaux de la Garde Républicaine. Slyde a participé, entre autres, au festival Défipayette, qui est une rencontre de break dance dans laquelle il s’est défendu avec sa fidèle canne, qu’il manipule dans un style très « pantomime ».

A quoi ça rime ?

Toutes ces inspirations mélangées, en ajoutant évidemment un soupçon de canne telle que nous la pratiquons, cela a donné la canne chap-hop, dont le principe était d’enchaîner les manipulations (et éventuellement les attaques façon « shadow ») en musique pendant quelques dizaines de secondes avant de céder la place à son adversaire.

L’idée était de proposer une nouvelle fois une « variante », cette fois-ci une variante au spectacle de combat que nous proposions jusqu’à présent. Car qu’il s’agît de canne sportive, de canne de défense, de bâton ou de canne chausson, d’une manière ou d’une autre les deux opposants se tapaient dessus, et même la meilleure coopération du monde ne pouvait soustraire cet aspect belliqueux.

Avec la canne chap-hop au contraire, notre duel devenait figuratif et revenait à opposer non plus notre science technique du combat, mais notre dextérité et notre sens du rythme. Et, contrairement à toute attente (notamment au regard de notre temps de préparation en amont), cela a plutôt bien fonctionné si l’on en croit les bonnes critiques reçues de la part du public, en particulier au sujet de la « bonne ambiance » qui régnait entre nous, encouragés que nous étions par les autres démonstrateurs placés sur les côtés et qui acclamaient les réussites et encourageaient lors des lâchers de canne. Comme dans une battle ; mission accomplie. =)

Et après ?

Je pense que l’expérience sera retentée prochainement, notamment parce que Philippe et moi nous sommes bien amusés et que cette alternative propose beaucoup de possibilités. Évidemment cela demande de travailler les manipulations et surtout l’enchaînement de manipulations, d’avoir un peu le sens du rythme et surtout de ne pas avoir peur du ridicule. Car autant dans un assaut ou un échange à 2, l’attention du public est retenue par l’ensemble, autant dans ce genre de prestation on est immédiatement propulsé au centre de l’attention des spectateurs.

Les démonstrations : un objectif plus qu’un simple outil de promotion

Les démonstrations : un objectif plus qu’un simple outil…

Salut collectif de canne de combat lors du Salon Fantastique 2014

Pourquoi cet article ?

Notre récente prestation au Salon Fantastique m’a remis en tête cette discussion que nous avons avec Julien depuis quelques temps sur les raisons de nos pratiques et les possibilités d’expérience « HL » (« High Level », par analogie avec les MMORPG) une fois les attaques de bases apprises et les principes de jeu compris.

Chacun sa pratique

Il est même courant dans les clubs, en canne de combat comme dans d’autres activités (boxe française, escrime…), d’opposer systématiquement la pratique « loisir », qui se borne principalement à l’entretien de son tonus musculaire et qui rime en général avec « dilettantisme » et la pratique « compétition » qui demande un investissement particulier et un entretien physique plus intense.

Or j’observe depuis quelques temps, et je sais que je ne suis pas le seul, que certes l’intérêt pour la compétition n’est pas partagé par tous nos pratiquants, ce que je comprends, mais que cela n’empêche pas les pratiquants de se donner à fond, de réclamer de la sueur et des efforts, même s’ils n’ont pas un objectif d’opposition derrière. Certains pratiquants m’ont d’emblée informé que la compétition n’était pas pour eux.

J’ai également noté le désintérêt progressif de certains compétiteurs, moi le premier, pour la compétition pour diverses raisons (douleurs, dégoût de la subjectivité arbitrale, rapport effort/récompense injustifié) et qui se demandent si leur voie de garage réside dans l’enseignement ou s’il ne leur faut pas arrêter de pratiquer et passer à autre chose.

J’appellerai donc « objectif de pratique » la raison pour laquelle un adhérent vient régulièrement pratiquer en club, qu’il s’agisse d’entretien personnel, de participation à des compétitions ou de préparation aux démonstrations.

Qu’est-ce qu’une démonstration en canne de combat ?

Ce qui a probablement attiré la plupart d’entre nous et qui nous est rappelé régulièrement par des néophytes qui découvrent notre discipline, c’est que la canne sportive est « spectaculaire », pour ne pas dire directement « démonstrative ». Amplitude des actions offensives, déplacements dans un plan et non en ligne, sauts, changements de main autorisés, tout ceci concourt à cette démonstrativité et je pense que personne ne me contredira. On retrouve d’ailleurs cet aspect spectaculaire en double canne, en bâton, etc. On la retrouve aussi dans certaines rencontres à dominante esthétique forte comme la Coupe de Style.

Dès que j’ai commencé la canne – à l’ASCA – la notion de démonstration était bel et bien présente : à chaque forum des associations, nuit des arts martiaux ou tout autre événement de ce genre, nous présentions nos disciplines sous des formes plus ou moins chorégraphiées. Certaines scènes ne faisaient intervenir que des assauts, d’autres que de la manipulation, etc…

En plus de son côté spectaculaire intrinsèque, notre pratique possède un univers imaginaire riche : Arsène Lupin, Sherlock Holmes, Les Brigades du Tigre, Star Wars, plus récemment le steampunk. Cela rejoint d’ailleurs l’escrime qui possède un folklore riche exploité par la pratique spécifique qu’est l’escrime artistique.

Si l’attrait principal reste, de l’avis des intéressés, de partager un bon moment ensemble, cette pratique demande néanmoins une certaine préparation. Préparation technique dans un premier temps, car il s’agit tout de même d’un spectacle que l’on va offrir à un public et dans ce sens, il faut tâcher d’en montrer le meilleur. Pas question à ce moment de montrer deux compétiteurs qui vont s’avoiner bêtement tous les deux la jambe arrière une fois fendus. Il faut de la classe, il faut du spectacle, il faut attirer l’attention du spectateur et la retenir.

La démonstration demande également une certaine préparation physique. Certaines démos durent plusieurs minutes et il faut souvent les recommencer plusieurs fois dans une journée, parfois sur plusieurs jours. Comme une compétition. Il faut donc veiller à ce que les démonstrateurs aient une notion de gestion de leur fatigue et qu’ils puissent donner le meilleur sur la plus longue durée possible.

Un autre point particulièrement positif est, à mon sens, la coopération entre les pratiquants. Contrairement à la compétition, à la fin il n’en restera pas qu’un seul, mais il ne restera qu’une seule impression du public. Il faut donc que tous et toutes contribuent à ce que cette image soit la meilleure possible. L’entraide et la collaboration sont de mises : on se prête des éléments de costume, on se donne rendez-vous pour répéter en-dehors des créneaux d’entraînement, en cas de lâcher de canne on meuble pour laisser le temps à l’autre de retrouver son arme, on adapte son niveau pour ne pas tétaniser son partenaire. Au final, les liens entre les pratiquants du club se trouvent resserrés d’avoir ensemble vécu cet événement.

Enfin, en plus de se costumer qui renforce la dimension « travail de l’imaginaire » à la démonstration, celle-ci permet à des pratiques (encore) plus confidentielles que la canne sportive d’être mises en avant : bâton et canne de défense bien sûr, mais aussi d’autres disciplines peu pratiquées (double canne, canne chausson), voire créées ex nihilo (canne-poeira, canne chap-hop), pour le plus grand bonheur des spectateurs, mais aussi des pratiquants. Car lorsque les démonstrateurs s’amusent pendant leur performance, cela se voit et se transmet au public.

Le tableau

Comme j’aime bien les tableaux, je vais tâcher de synthétiser les différents aspects, positifs et négatifs, de la démonstration dans un tableau récapitulatif.

Les + Les –
  • permet de tester et travailler de nouvelles choses (1 vs 4, canne chap-hop, rencontre entre armes différentes : canne vs bâton, canne de défense vs double canne…)
  • soude les pratiquants car tous coopèrent dans le but de proposer une belle démonstration au public
  • permet de se costumer et d’incarner des personnages le temps de la démo
  • en général ne demande pas un déplacement sur de longues distances
  • contribue à la promotion de la discipline auprès d’un public spécifique (celui qui s’est déplacé pour l’événement)
  • donne aux pratiquants un objectif alternatif à la pratique compétitive
  • demande une préparation adéquate, des répétitions et une organisation spécifique pour faire en sorte que tout le monde ait un rôle, que tous puissent répéter avec leur(s) partenaire(s)
  • peut nécessiter l’achat de matériel spécifique (armes, costumes…)
  • il faut apprécier être regardé par du public

Nos démonstrations

Voici ce que nous avons l’habitude de proposer dans nos démonstrations de canne de combat (où le terme « canne de combat » regroupe toutes les disciplines de notre pratique), avec un petit descriptif à chaque fois, sachant que de nombreuses variantes existent bien évidemment.

  • la canne sportive ; soit en assaut libre pour montrer ce à quoi la pratique ressemble (quitte même à ajouter un arbitre), soit un assaut décomposé en phases (3 ou 4) : esquives, parades, manipulations, parades-ripostes à tour de rôle…
  • la canne de défense ; elle parle à ceux qui recherchent l’efficacité. Le mieux est d’alterner entre un duel à la canne (prévoir des protections pour les mains et pour la tête) et des clés, qui impressionneront les spectateurs.
  • le bâton ; échange libre sans ou avec phases (attaques vs esquives pendant 15″, parades/ripostes à tour de rôle pendant 15″, attaques vs manipulations pendant 30″…).
  • la double canne ; difficile à ne pas rendre brouillonne, il vaut mieux décomposer le match en phases (attaques VS parades pendant 20″, attaques vs parades + contre-attaques pendant 20″, etc.) et travailler en coopération.
  • la canne- ou le bâton-poeira ; le concept est issu de la capoeira (d’où le nom) : les deux tireurs ne font qu’esquiver et riposter à tour de rôle. Exercice assez difficile car très physique. Il faut aussi pour donner du rythme penser à ré-armer pendant l’esquive de façon à riposter dès que possible. Attention : quand les deux pratiquants sont des pratiquantes, cela a été pris par des spectateurs comme le cliché « ce sont des filles donc elles ne se touchent pas ».
  • la canne chap-hop ; principe à la rencontre des battles de break-dance et du style de hip-hop pour gentleman représenté, entre autres, par Mr B, the gentleman Rhymer.
  • le « héros contre les méchants » ; un des pratiquants possède le rôle de « gentil » et affronte à tour de rôle 3 ou 4 autres adversaires, dits « méchants ». Le but est de montrer comment se placer, mettre un peu de dynamique dans les démonstrations. Il faut que les « méchants » jouent bien leur rôle et tombent au premier coup. Pour faciliter la lisibilité, les « méchants » peuvent pratiquer la canne sportive et le « gentil » la canne de défense.
  • la roda ; encore un principe issu de la capoeira : tous les pratiquants forment un cercle et deux d’entre eux se défient et s’affrontent dans le cercle pendant quelques secondes/minutes, puis reprennent leur place dans le cercle, deux autres rentrent, etc.

Séance de préparation en costume pour le Salon Fantastique

Séance de préparation en costume pour le Salon Fantastique

Canne de combat à vapeur dans le cadre d'une animation steampunk au Salon FantastiqueCréation graphique par Mathieu Coudray

Notre préparation pour le Salon Fantastique continue, mais cette fois en costumes. Deux factions vont s’affronter : les Lateral’s Creed d’un côté, bourgeois pas forcément très clairs dont les activités les amènent régulièrement dans les bas-fonds pour s’y défouler, et les Steam Apaches de l’autre, bande de voyous qui ne demandent qu’à vivre tranquillement de leurs petits larcins et autres trafics.

Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014 Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014 Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014

Parmi tout ce que nous comptons présenter, et que nous pourrions nommer « Canne de spectacle », se retrouvent pêle-mêle canne de combat évidemment (les Lateral’s entre eux se défient suivant les règles de cet art), canne de défense lorsqu’il s’agit de passer aux choses sérieuses, canne chausson pour en envoyer plein la vue, double canne pour tenir en respect plusieurs adversaires, du bâton pour prendre de la distance, le tout dans une ambiance d’un Paris Steampunk. Plus qu’une semaine d’entraînement et de répétitions et nous serons fin prêts pour le Salon Fantastique.

Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014 Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014 Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014 Canne de combat - canne de spectacle, préparation pour le Salon Fantastique 2014

Les costumes restent encore à peaufiner. Il reste quelques pièces à ajouter, quelques chaînes à lustrer et des chaussures à cirer, mais nous sommes pour une fois bien préparés pour l’événement.
Merci enfin à Hellion pour toutes ces photos !

Canne de combat steampunk au Salon Fantastique

Canne de combat steampunk au Salon Fantastique

Canne de combat à vapeur dans le cadre d'une animation steampunk au Salon Fantastique(Création graphique par Coudray Mathieu)

Les 17 et 18 mai derniers, nous étions invités à participer à animer un stand steampunk à Geekopolis, où nous avions déjà proposé une prestation de canne de combat avec démonstrations et initiations devant le public venu nombreux pour cet événement. Eh bien du 31 octobre au 2 novembre, nous serons au Salon Fantastique, porte de Champerret grâce à l’invitation de Orkan Von Deck de l’association French Steampunk !

Nous préparons des costumes encore plus travaillés qu’à Geekopolis, une équipe plus nombreuse et survoltée et des démonstrations toujours plus riches : canne de combat, canne de démonstration, canne de défense, bâton, double canne, canne chausson et des surprises !
Sauf changement, notre programme des 3 jours devrait être le suivant :

  • vendredi 31 : de 17h30 à 18h30, démonstrations et initiations sur la scène centrale
  • samedi 1er : de 17h30 à 18h30, petites démonstrations de 1 min toutes les 5 minutes au cours d’un quizz organisé sur la scène centrale
  • dimanche 2 : de 14h à 16h, initiations dans une salle réservée à cet effet

Et bien entendu le reste du temps vous nous croiserez dans les allées du salon, en costumes évidemment.

Profitez-en, si vous réservez vos billets maintenant, l’entrée sera gratuite. Sur place ce sera 5,00 €.

Cours en juillet – ça continue en extérieur !

Cours en juillet – ça continue en extérieur !

Cours de canne de combat en extérieur.

 

Les cours ne s’arrêtent pas pendant les vacances (et puis quoi encore ?). Voici un planning du mois de Juillet :

 

DATE HORAIRE LIEU
Mardi 1er Juillet à partir de 20h Devant la salle Lucien Gaudin
Jeudi 3 à partir de 19h30 Devant la salle Lucien Gaudin
Samedi 5 à partir de 12h Devant la salle Lucien Gaudin
Mardi 8 à partir de 20h Devant la salle Lucien Gaudin
Jeudi 10 à partir de 19h30 Devant la salle Lucien Gaudin
Samedi 12 à partir de 12h Devant la salle Lucien Gaudin
Mardi 15 à partir de 20h Derrière le Château de Vincennes (rdv à l’entrée du Château)
Jeudi 17 à partir de 20h Dans le jardin de Reuilly (M8 Montgallet ou M6 Dugommier)
Samedi 19 à partir de 12h Dans le jardin de Reuilly (M8 Montgallet ou M6 Dugommier)
Mardi 22 à partir de 20h Jardin de Reuilly (M8 Montgallet ou M6 Dugommier), rdv devant le gymnase de Reuilly
Jeudi 24 à partir de 19h30 Jardin de Reuilly (M8 Montgallet ou M6 Dugommier), rdv devant le gymnase de Reuilly
Samedi 26 à partir de 12h Jardin de Reuilly (M8 Montgallet ou M6 Dugommier), rdv devant le gymnase de Reuilly
Mardi 29 à partir de 20h Devant la salle Lucien Gaudin
Jeudi 31 à partir de 19h30 Devant la salle Lucien Gaudin

 

Schola Martis n’arrête pas non plus ses cours donc si vous souhaitez continuer à pratiquer ou découvrir la canne de défense, ça se passera le mardi soir à Vincennes (rendez-vous Porte de Vincennes).

 

Les cours sont ouverts à toutes et à tous, de tous niveaux et de tous âges. N’hésitez pas à nous contacter (via le formulaire de contact de notre site) pour plus de renseignements. En général nous terminerons les séances par un pique-nique dans l’herbe ou au bord de la Seine, donc pensez à apporter de quoi grignoter/boire/partager avec vous en plus de votre matériel.

 

Bon été sportif !