Associatif
Vous avez dit « apache » ?
Cette saison encore, nous allons participer à la Fête de Paris, et notamment la grande Parade du Panthéon le dimanche 13 septembre. Il s’agit d’un défilé en costumes qui retrace telle une fresque géante, l’histoire de Paris, depuis les Vikings du 12e siècle à la Libération en 1945. Nous y représentons bien modestement les voyous parisiens du 19e siècle, en plein dans la Belle Epoque.
Et comme tous les ans, j’en profite pour me replonger dans l’Histoire des Apaches, qui s’avère être au fil du temps un iceberg dont je suis encore loin d’approcher la pointe immergée. Aussi, histoire de partager le fruit de mes recherches et de garder une trace de ce sur quoi j’ai pu mettre la main pour les prochaines occasions, je compile toutes ces informations sous la forme d’un article, qui méritera d’être enrichi ou mis à jour au fur et à mesure.
Mes recherches m’ont conduit vers des sujets très différents, mais tous liés bien évidemment aux apaches :
- qui ils et elles étaient, d’où ils venaient, et quels sont les principales figures qui en restent aujourd’hui
- il est bien connu qu’ils employaient l’argot parisien, mais par où commencer ?
- comment s’habiller pour ressembler à un apache et pas seulement à un cliché
- dans le cadre de la parade, que proposer en guise de spectacle aux spectateurs, car défiler c’est sympa, mais se mettre sur la figure, c’est mieux
Quand on veut des sources
Sur le sujet, je suis tombé sur deux articles particulièrement instructifs et documentés.
Le premier s’intéresse à l’apparition du terme même d' »apache » dans les colonnes des journaux de la fin du XIXe et du début du XXe pour dater avec précision l’emploi du terme. L’auteur évoque également sur le rôle qu’a pu jouer la presse à scandale sur l’opinion publique. Enfin, un passage est consacré aux tenues des apaches, hommes et femmes, d’où j’ai pu tirer quelques renseignements supplémentaires pour la partie « costumes » ci-après.
Le second article insiste beaucoup plus sur le poids des représentations dans les journaux des faits divers macabres sur la représentation que nous avons conservée des apaches. L’auteur démonte plusieurs idées reçues sur ces bandes : il ne s’agissait pas d’une pègre organisée, ni même de dangereux gangs de « sauvages » sanguinaires, mais probablement plus de groupes marginalisés dont les pénibles conditions de vie poussaient parfois à trouver des moyens moins légaux que leur métier pour subvenir aux besoins de leur famille.
Les deux articles possèdent des bibliographies bien fournies, sans doute des pistes de recherches pour les prochains événements.
Jaspiner le jars
Pour bien incarner un apache, rien de tel que quelques mots de jargon (« jars ») bien imagés. Mais ce n’est pas évident d’assimiler les quantités de mots (dont pourtant un bon nombre sont passés dans le langage courant) et de les utiliser ensuite spontanément.
Pour aider à fluidifier la pratique, j’ai tout d’abord compilé dans un document des mots ou expressions qui me semblaient utiles dans notre situation.
https://docs.google.com/document/d/1A71wkCDeW1_Y6UEwjFwClrrMWwXIrVqDsW3gNzP4Q10/edit?usp=sharing
Deuxième document, une planche anatomique pour aider à se souvenir des termes à employer quand il s’agit du corps humain :
Les bonnes fringues
Alors oui, on connaît évidemment cette image d’Épinal de l’apache : casquette, marinière, foulard, ceinture de flanelle. Mais justement
Et autre question importante : comment se fringuer quand on est une femme ? Une façon de procéder consiste à faire comme les hommes, sauf que voilà, si cela passe dans un contexte comme le Salon Fantastique, c’est tout de suite moins historique pour la Fête de Paris.
Des saynètes pour épater la galerie
Les saisons précédentes, nous y sommes allés à-la-encore-une, sauf que ce n’était pas très satisfaisant : nous ne savions pas trop quand lancer les combats, ni lesquels, tout le monde n’était pas prêt au bon moment, et des scènes -pourtant historiques- comme le Coup du Père François n’étaient pas simples à mettre en place sans les répétitions ou les explications adéquates. Qui plus est, lorsque nous avons gentiment proposé aux participants déguisés en bourgeois s’ils accepteraient de se faire stranguler et dépouiller devant tout le monde, ils ont poliment décliné, allez savoir pourquoi.
Par conséquent cette fois-ci nous avons opté pour une autre stratégie :
- des scénarios pré-écrits (avec des variantes) nous permettant, suivant le temps et la place, de proposer des mini-spectacles thématiques variés
- un bourgeois sur-mesure qui nous accompagnera et que nous pourrons victimiser (ou pas) tout le long du cortège
https://docs.google.com/document/d/1WeOSmtI7KBxWjAy7xqe1lPcJwBdQXRkf1mfH9TajY14/edit?usp=sharing





Presque d’époque
Petit bonus, je suis tombé sur le travail de Ferdinand Zecca dont j’ignorai jusqu’à l’existence. Et pourtant ce monsieur a réalisé un paquet de films. Une de ses oeuvres m’intéressait beaucoup : Les Apaches de Paris mais malheureusement elle semble introuvable sur les Internets (si quelqu’un a des pistes, je suis preneur).
Trouvable en revanche est la « Grève des Apaches » d’un autre auteur : Etienne Arnaud. C’est n’importe quoi mais c’est très drôle. Et il y a des costumes.





































